Dans Les Carnets du sous-sol, Dostoïevski met en scène un homme qui refuse de guérir et fait de sa souffrance un lieu de résistance. Loin d’être un simple dysfonctionnement, la maladie devient une position existentielle face à un monde dominé par la rationalité et l’efficacité. Entre hyperconscience paralysante, bile morale et liberté paradoxale, cette lecture éclaire une dimension troublante de l’humain. Une analyse critique de Francis Jubert.
La maladie grave et l’approche de la mort appartiennent à ces moments de l’existence où les mots semblent toujours à la traîne. Pourtant, c’est là que la parole devient nécessaire, non pour expliquer, mais pour accompagner. Dans ce dialogue fictif, Muriel Derome, psychologue du soin, et Bernhard Schlink, romancier, explorent ensemble cette tension entre silence et vérité. Au travers de ces deux témoignages se dessine une même conviction : le silence isole, la parole relie. Un billet de Francis Jubert.
Une réflexion émouvante sur la vulnérabilité et la rencontre. Entre philosophie, expérience personnelle et enjeux de santé publique, ce texte invite à repenser le soin comme un espace de dignité, de coopération et de transformation partagée. Un article sur le partenariat patient qui nous invite à « oser la relation ». Il est tiré de l’exposé de Lisa Laroussi-Libeault (webinaire du 21 novembre 2023).
À l’affiche du théâtre La Reine Blanche jusqu’au 29 mars 2026, la pièce La Découvreuse oubliée retrace l’histoire méconnue de Marthe Gautier, chercheuse française dont le rôle décisif dans la découverte de la trisomie 21 a été longtemps effacé. Une invitation à interroger notre rapport à la mémoire scientifique, à la justice, et aux rapports de pouvoir qui traversent encore aujourd’hui le monde de la recherche. Un billet de Denis Mechali.
Le 29 janvier 2026, le Théâtre de la Concorde accueillait Le Procès fictif de la conscience, un spectacle mêlant humour, médecine et réflexion philosophique. Entre théâtre burlesque et débat métaphysique, la soirée interroge la philosophie des Lumières et la vision cartésienne de la conscience. Elle débouche sur une approche élargie du vivant, du corps et du soin. Un billet de sortie de Francis Jubert
Entre mars et mai 2020, l’hôpital devient forteresse et la mort s’impose derrière les protocoles. Dans L’Adieu au visage, le psychiatre David Deneufgermain raconte la crise sanitaire depuis les soins palliatifs. Un texte haletant où le soignant tente d’ouvrir des brèches dans la mécanique administrative de la mort et de sauver, malgré tout, le face-à-face avec le visage de l’autre. Un fil rouge de Francis Jubert.
Dans Jours sans faim, Lou Delvig décrit l’anorexie de l’intérieur, sans détour, sans pathos. Une force obscure qui prend le contrôle du corps, l’isolement qui s’installe, la mort ressentie comme une présence intime. Et la rencontre avec un médecin dont la parole juste change tout. Un témoignage sobre et nécessaire sur la maladie, le soin, et ce moment fragile où la vie redevient possible. Un fil rouge de Francis Jubert.
Longtemps lu comme la confession d’une enfance martyrisée, Vipère au poing apparaît, à la lumière de l’analyse d’Émilie Lanez, sous un jour radicalement différent. Et si le roman d’Hervé Bazin relevait moins du témoignage que de la manipulation ? Mensonge, déshumanisation, inversion des rôles : l’écriture est utilisée pour détruire symboliquement une mère, fabriquer une innocence et imposer une légende, un mythe. Un fil rouge de Francis Jubert.
L’épilepsie est l’une des maladies neurologiques les plus répandues et pourtant les plus mal comprises. Entre l’errance diagnostique, la stigmatisation et les limites des traitements médicamenteux, de nouvelles pistes émergent. Parmi elles, la musique suscite un intérêt croissant. Eva Menard, compositrice et réalisatrice, partage son parcours et l’impact de la musique sur sa maladie. À travers un projet de recherche, elle explore comment la musique, et notamment l’effet Mozart, pourrait devenir un outil thérapeutique…
Comment préserver l’humain dans une médecine soumise aux protocoles, aux algorithmes et aux contraintes budgétaires ? Dans Soigner en chrétien – L’éthique de la santé, le Dr Olivier Garraud, médecin et professeur émérite, nous parle en praticien, non en idéologue. Il nous livre une réflexion profonde et concrète sur l’autonomie et la dignité du patient ainsi que sur l’alliance thérapeutique. Cet ouvrage accessible s’adresse à tous ceux qui refusent la déshumanisation du soin. Un fil rouge de Francis Jubert.
Que révèle la maladie grave lorsque s’effondrent les certitudes et l’illusion du contrôle ? À travers une lecture croisée du Pavillon des cancéreux d’Alexandre Soljenitsyne et du Journal de Clémentine Vergnaud, cet article interroge le cancer comme expérience existentielle, relationnelle et éthique. Deux voix, deux époques, une même fracture : celle d’un corps vulnérable qui oblige à repenser le temps, le soin et la parole. Un fil rouge de Francis Jubert.
Dans L’Idiot, Dostoïevski transforme l’épilepsie en motif littéraire. Mais son héros, le prince Mychkine, était-il vraiment un « idiot » ? Dostoïevski, lui-même épileptique, offre une auto-observation d’une précision clinique stupéfiante. Entre auras extatiques et effondrements tragiques, entre stigmatisation sociale et moments d’illumination, Mychkine verbalise son vécu intérieur avec une justesse remarquable. Une étude qui croise les regards littéraire, clinique et expérientiel. Un fil rouge de Francis Jubert.
De 1970 à 1990, une poignée de soignants militants a révolutionné la prise en charge de la fin de vie en France. Face aux résistances du corps médical et à la pression pro-euthanasie, ils ont inventé les soins palliatifs : contrôle de la douleur, alliance soignant-patient, refus du paternalisme. Une histoire qui éclaire nos débats actuels. Un article de Denis Mechali au départ du mémoire de Master 2 présenté en septembre 2025 à l’EHESS par Zélie Harscouet.
« L’objectif d’un accouchement, ce n’est pas simplement que la mère et l’enfant en sortent vivants, et en bonne santé : c’est un moment initiatique, un passage, une affirmation de soi. » Derrière chaque patient, il y a un être humain avec une histoire, une relation à soi et aux autres qui dépasse largement les mesures biomédicales. Plongez avec le projet GAÏA dans une réflexion sur le vécu de l’accouchement et la place essentielle de l’humain dans le soin. Un article de Renaud Vidal.
Professeur émérite et philosophe clinicien, Gérard Reach poursuit une question essentielle : qu’est-ce qu’une médecine humaine ? Dans son livre majeur (Hermann, 2022) et sa conférence du 19 novembre 2025 à l’IPC, il démontre que soigner n’est pas seulement guérir, mais reconnaître l’autre comme sujet. Entre Levinas, Ricœur et Morin, il rappelle cette vérité clinique : une personne n’est pas un cas, mais un visage, un récit, une présence. Un billet de Francis Jubert.
Un seul-en-scène intense et délicat dans lequel Katia Ghanty raconte sa traversée de la réanimation et la lente reconquête du vivant. Un spectacle profondément humain sur le soin, la vulnérabilité et l’attention. Le programme précise : « D’après une histoire vraie ». Un billet de Denis Mechali.
Dans une époque dominée par la rationalité et la gestion, Fabrice Midal interroge ce que signifie « être humain » aujourd’hui. Il dénonce la déshumanisation de nos pratiques professionnelles et médicales et souligne l’importance de réhabiliter la confiance, l’expérience et la relation à l’autre pour retrouver une véritable sérénité humaine.
Adapter Le Chœur des femmes de Martin Winckler au théâtre : un défi relevé par la compagnie Actes Uniques. Émouvant et engagé, le spectacle aborde contraception, IVG et violences faites aux femmes. Il a déjà été applaudi à Avignon et joué au Studio Hébertot. Un billet de Denis Mechali.
Comment distinguer la vraie souffrance de la simulation ? Dans Le Nègre du Narcisse, Conrad met en scène James Wait, un marin énigmatique dont la maladie incertaine trouble et divise l’équipage : malade authentique ou imposteur habile ? Ce récit nous invite à réfléchir sur l’attention clinique, l’écoute et les limites de la médecine moderne. Un nouveau fil rouge de Francis Jubert.
Voici la critique enthousiaste d’un livre qui redéfinit la notion antique de prudence comme un art de l’action audacieuse. Une invitation à retrouver la phronésis aristotélicienne pour décider dans l’incertitude contemporaine, face au catastrophisme et au déclinisme. Une nouvelle recension de Denis Mechali.
Neuropsychiatre et rescapé de la Shoah, Boris Cyrulnik explore le concept de résilience. Loin des clichés, il montre comment un traumatisme d’enfance, sans être « merveilleux », peut devenir le point de départ d’un nouveau récit de vie. Une recension de Denis Mechali.
« Enlever sa blouse, prendre en compte l’humain, y compris dans les situations d’urgence ». Lisez le témoignage bouleversant du Dr Galichon, médecin affecté au service des urgences de l’Hôpital Lariboisière. Cet article est la synthèse retranscrite d’un témoignage filmé en juin 2021.
Les récits de Philippe Lançon (Le Lambeau) et de Salman Rushdie (Joseph Anton, Le Couteau) proposent une réflexion sur la manière dont deux écrivains victimes d’attentats ont traversé et surmonté leurs épreuves. L’écriture y apparaît comme un moyen de survie et de résilience face à un traumatisme extrême. Un article de Francis Jubert
Dans À la recherche du temps perdu, Marcel Proust explore avec précision la confrontation entre la médecine savante de son époque et l’expérience intime du malade. À travers la maladie de sa grand-mère et ses propres crises d’asthme, il propose une vision novatrice d’une médecine enrichie par la reconnaissance du patient comme expert de sa propre souffrance. Un article de Francis Jubert
Après l’attentat dont il a été victime en 2022, Salman Rushdie n’a pas seulement réagi comme une victime ou un militant de la liberté d’expression, mais aussi, et surtout, comme un écrivain qui choisit de canaliser sa douleur et ses interrogations à travers la création artistique…
Un article de Francis Jubert
L’ouvrage rassemble quatre essais de politique contemporaine dans lesquels Hannah Arendt offre une pensée politique exigeante et toujours actuelle. Son analyse du pouvoir, de la violence et du mensonge politique résonne avec les défis contemporains. Son ironie et sa lucidité restent des outils précieux pour décrypter le monde d’aujourd’hui. Une recension de Denis Mechali.
Quand Marcel Proust écrit « À la recherche du temps perdu » au début du XXe siècle, les traitements pour l’asthme, dont il souffre, sont limités. La maladie est mal comprise : on la voit comme une affection nerveuse ou psychosomatique plutôt que comme une maladie inflammatoire des voies respiratoires… Un article de Francis Jubert.
Parmi l’éventail des thématiques abordées par L’humain au cœur du soin, l’exploration des ressources de l’art comme soin occupe une place importante. En effet, l’OMS recommande aujourd’hui l’intégration de l’art dans les soins de santé. Avec vous, pour en parler, des intervenants de disciplines différentes…
Une comparaison de deux points de vue. Dans L’Humaine condition, Hannah Arendt analyse la souffrance liée au travail, soulignant sa dimension déshumanisante. Cette réflexion résonne avec les écrits de Viktor Frankl, pour qui, même dans la souffrance, l’humain peut trouver un sens profond. Un article de Francis Jubert.
Chez Hannah Arendt, la souffrance pose un défi fondamental à la quête de sens.
Elle nous invite ainsi à considérer que la production de sens face à la souffrance repose sur la capacité humaine à agir, à créer et à se souvenir dans un cadre collectif.
Un article de Francis Jubert.
La pitié dangereuse est le seul roman achevé de Stefan Zweig. Exilé à Londres, Zweig l’écrit avant la Seconde Guerre mondiale, en observant avec un désarroi grandissant les mêmes forces destructrices qui ont conduit à la guerre de 1914-1918. Il situe d’ailleurs son récit en 1913. Une recension de Denis Mechali.
Brillant psychiatre autrichien rescapé des camps de la mort, Viktor Frankl est convaincu que l’être humain est mû par une quête de sens. S’appuyant sur cette conviction, Il fonde une nouvelle approche thérapeutique, la logothérapie. Un ouvrage passionnant, conçu comme une initiation. Une recension de Francis Jubert.
Ce livre est élaboré à partir d’une vision holistique, totalement à l’écart du réductionnisme cérébral des neurosciences, s’inspirant plutôt de la sagesse pratique des Anciens qui ont développé une véritable « pharmacie de l’âme » avec pour objectif non pas « de soigner les autres, mais de se guérir eux-mêmes ». L’auteur nous fait voir la pertinence de cette « sagesse de vie », dont il valide au quotidien les vertus curatives dans sa pratique de psychanalyste-thérapeute.
Une recension de Francis Jubert.
Voilà un livre d’entretien, où l’auteur, né en 1955, revient sur son parcours, ses passions, sa curiosité boulimique, ses doutes et ses convictions, très fortes et d’une solidité sans failles au cours du temps. Le double et l’alternance sont au cœur de la personnalité de Martin Winckler : double nom (Marc Zaffran est son vrai nom), double pays (France, Canada), double carrière (médecin-écrivain)… Une recension de Denis Mechali.
Toute vraie rencontre est en même temps une découverte de soi et une redécouverte du monde. Mais, ajoute Charles Pépin, pourquoi, dès lors, certaines rencontres nous donnent-elles l’impression de renaître ? Comment se rendre disponibles à celles qui vont intensifier nos vies, nous révéler à nous-mêmes ? Un livre présenté par Denis Mechali.
La PASS de l’hôpital Saint-Louis est une véritable loupe grossissante des problématiques qui traversent l’ensemble du système de santé. C’est une sentinelle de la santé publique, en première ligne des problématiques émergentes, y compris géopolitiques et environnementales à l’échelon mondial. C’est un modèle pour anticiper de futurs phénomènes migratoires, en particulier liés aux changements climatiques.
Le titre de l’ouvrage interpelle par la violence des mots ; le sous-titre « passion euthanasique et crise écologique » interroge plus qu’il ne dérange. Il prolonge la question soulevée par Isabelle Marin et Sara Piazza dans leur propre livre sur l’euthanasie : un progrès social à mettre au compte de nos sociétés libérales ou bien le signe profond d’une dérégulation symbolique ? Un ouvrage présenté par Francis Jubert.
Alors qu’un projet de loi sur la fin de vie est examiné par le Conseil d’État, Isabelle Marin, ancien médecin de soins palliatifs, et Sara Piazza, psychologue clinicienne interpellent les politiques et à travers eux la société tout entière sur le sens du projet de société que nous voulons collectivement porter pour les plus vulnérables. Un livre présenté par Francis Jubert.
Cet ouvrage pose un regard neuf sur les dispositifs de participation institutionnelle quand la crise sanitaire questionne le rapport des citoyens au système de santé. Il s’appuie sur une dimension historique et retrace l’avènement du concept de démocratie sanitaire. Un livre présenté par Denis Mechali.
Le projet Gaïa relance son action de recherche en organisant une journée d’étude sur le vécu et les pratiques autour de la naissance. Cette journée s’adresse aux chercheurs, professionnels en périnatalité, associations et, plus largement, à toutes les personnes intéressées par ce sujet. Elle aura lieu le 18 juin 2024 à l’Université Jean Moulin – Lyon 3. Renaud Vidal.
Le livre de Raphaël Gaillard devrait connaître un retentissement certain. Il le mériterait. L’auteur a su sortir de sa zone de confort, celle de son expertise médicale, pour se hisser à hauteur des préoccupations qui sont celles de l’homme d’aujourd’hui, confronté à la montée en puissance de son avatar, l’homme numérique, qui désormais se joue de lui, l’égare, en multipliant les biais cognitifs ou en singeant sa propre intelligence. Francis Jubert.
Un ouvrage fondateur qui nous livre toutes les clés pour amorcer une évolution vertueuse de notre système de santé. Un manifeste qui vient nous rappeler que le soin ne peut être complet que s’il associe une composante humaine aux savoirs et à la technique. Plus qu’un slogan consensuel, Soigner (l’)humain est une clé de développement de notre système de santé.
Ce livre évoque, selon une approche presque clinique, la vie puis l’agonie et la mort d’un homme qui prend conscience tardivement qu’il a gâché sa vie en voulant se conformer aux attendus de la société. Ce roman se veut une description de la douleur, de l’angoisse existentielle et des terreurs intimes. Un résumé critique proposé par Francis Jubert.
Philippe Lançon est l’un des journalistes rescapés de la tuerie de Charlie hebdo du 7 janvier 2015 perpétrée par les frères Kouachi. Il s’en sort vivant, mais défiguré. Trois ans plus tard, il publie ce roman, Le Lambeau. C’est le récit de sa lente reconstruction et de son engagement qui a pris la forme d’un véritable compagnonnage avec sa chirurgienne. Une recension de Francis Jubert.
La médecine moderne occidentale ne semble plus, malgré ses indéniables avancées, répondre pleinement aux attentes des malades. « Une lecture à prescrire aux étudiants, aux médecins en exercice, aux patients curieux, aux responsables politiques », commente Le Monde. Avec toute son expérience de terrain, le docteur Bertrand Galichon nous livre son analyse et partage ses impressions…